Physarum polycephalum : tout savoir sur le « blob »
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Physarum polycephalum : tout savoir sur le « blob »

Physarum polycephalum, le fameux « blob » : ni animal, ni plante, ni champignon. Sa biologie d'organisme unicellulaire géant, son cycle de vie (spores.

Physarum polycephalum, plus connu sous le nom de « blob », est un organisme unicellulaire qui n’est ni un animal, ni un plante, ni un champignon. Ce myxomycète, classé parmi les protistes, forme une cellule géante jaune capable de se déplacer, de mémoriser et de résoudre des problèmes, malgré l’absence totale de cerveau ou de système nerveux. Découvert en 1729, il peut mesurer jusqu’à plusieurs mètres carrés à l’état de plasmode, tout en restant une seule et même cellule contenant des millions de noyaux. Sa vitesse de déplacement atteint 1 à 5 cm par heure, et il est capable de percevoir la lumière, la gravité et les gradients chimiques. Le blob fascine la science moderne pour ses capacités cognitives émergentes : il a résolu des labyrinthes, optimisé des réseaux de transport et mémorisé des substances nocives. Il se reproduit par spores, résiste à la dessiccation et peut être conservé en dormance. Cet article détaille ses caractéristiques biologiques, son cycle de vie, sa génétique, son comportement, sa répartition et les applications de recherche qu’il inspire.

Le blob, une étrange créature qui défie les lois de la biologie

Le blob n’est ni un animal, ni un champignon, ni une plante. Il s’agit d’un organisme unicellulaire, Physarum polycephalum, classé parmi les myxomycètes (moisissures visqueuses). Une seule cellule géante peut atteindre plusieurs mètres carrés, tout en restant invisible à l’œil nu à ses débuts. Sa couleur jaune vif et sa texture gélatineuse lui valent son surnom de « blob », popularisé par le CNRS en 2019.

Sa principale prouesse biologique est la fusion de la division cellulaire et de la multicellularité. Le blob contient des millions de noyaux dans un seul cytoplasme, sans membranes internes. Ce syncytium lui permet de transporter nutriments et informations à une vitesse surprenante : le flux cytoplasmique peut atteindre 1 mm par seconde, soit 10 000 fois plus vite qu’une cellule classique.

Il apprend et mémorise sans système nerveux. Des expériences menées par Audrey Dussutour (CNRS) ont montré qu’un blob peut s’habituer à un répulsif (comme le sel ou la caféine) en quelques heures, puis transmettre cette « mémoire » à un congénère par fusion cellulaire. Cette capacité persiste jusqu’à plusieurs semaines, même après une période de dormance.

Le blob résout des problèmes complexes : il optimise ses réseaux de veines pour explorer son environnement. Dans une expérience reproduisant la carte de Tokyo, il a recréé un réseau quasi identique au métro réel, avec un ratio efficacité/coût supérieur à celui des ingénieurs humains. Il anticipe aussi les événements périodiques : soumis à des variations d’humidité toutes les 30 minutes, il ralentit son déplacement avant le choc suivant, preuve d’une forme de mémoire temporelle.

Sa résistance extrême défie la biologie conventionnelle. En état de dessiccation, il se transforme en sclérote (masse dure) et peut survivre plus de 2 ans sans eau ni nutriments. Il supporte des températures de -30 °C à +40 °C, et peut être réhydraté après des décennies. Il tolère des concentrations de métaux lourds (cuivre, zinc) qui tueraient tout autre organisme, en les séquestrant dans des vacuoles.

Enfin, il n’a pas de cycle de vie fixe. Il alterne entre phases amiboïde, plasmodiale et sporulée selon les conditions. Un seul blob peut produire des millions de spores, chacune capable de germer en un nouvel organisme. Cette plasticité développementale, combinée à sa capacité de fusion et de régénération (un morceau de 1 mm² suffit pour reformer un individu complet), en fait un modèle unique pour la recherche en biologie du développement et en bio-informatique.

CaractéristiqueValeur / Fait
Nombre de noyauxJusqu’à plusieurs millions
Vitesse de flux cytoplasmique1 mm/s
Survie en sclérote> 2 ans
Température supportée-30 °C à +40 °C
Taille maximalePlusieurs m²
RégénérationÀ partir de 1 mm²

Biodiversité : ces espèces inclassables

Physarum polycephalum n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon. Il appartient aux Myxomycètes (moisissures visqueuses), un groupe de protistes amiboïdes. Son cycle de vie alterne entre phases unicellulaires et pluricellulaires, ce qui défie les catégories biologiques classiques. Il est classé dans les Amoebozoa, proche des amibes, mais forme des structures macroscopiques visibles à l’œil nu.

Ce « blob » est une seule cellule géante multimucléée, pouvant atteindre plusieurs mètres carrés. Il n’a ni organes, ni tissus, ni système nerveux central, pourtant il perçoit, mémorise et décide. Sa membrane plasmique unique renferme des millions de noyaux qui se divisent de manière synchrone. Cette organisation syncytiale est rare dans le vivant, partagée avec quelques autres myxomycètes et certains champignons.

Son génome est massif : environ 500 millions de paires de bases, soit plus de 150 fois celui d’une levure. Il contient plus de 30 000 gènes, dont certains codent pour des protéines similaires à celles des neurones. Ces protéines (ex. : récepteurs glutamatergiques) expliquent en partie ses capacités cognitives sans cerveau. Il possède aussi des gènes de résistance aux métaux lourds, lui permettant de coloniser des sols pollués.

CaractéristiqueValeur / Détail
ClassificationAmoebozoa, Myxomycètes
TailleDe quelques mm² à plusieurs m²
Génome~500 Mb, >30 000 gènes
OrganisationCellule unique multimucléée
HabitatSols humides, litières forestières

Son cycle de vie alterne entre un stade plasmode (cellule géante mobile) et un stade sclérote (forme dormante résistante). En conditions défavorables, il se déshydrate et entre en dormance, pouvant survivre des années sans eau. Réhydraté, il reprend son activité en quelques heures. Il produit aussi des spores haploïdes, issues de fructifications (sporocarpes), qui germent en amibes ou en flagellés selon l’humidité.

Cette plasticité biologique en fait un modèle d’étude unique pour la biologie du développement, la cognition primitive et l’informatique vivante. Il n’est pas un organisme « simple » : sa complexité comportementale dépasse celle de nombreux animaux dotés de neurones. Sa place dans l’arbre du vivant reste débattue, certains le rapprochant des champignons, d’autres des animaux, mais les analyses phylogénétiques le placent fermement parmi les Amoebozoa.

Dénominations

Le nom scientifique Physarum polycephalum signifie littéralement « mucus à plusieurs têtes » (du grec physa = souffle/bulle, et polycephalum = nombreuses têtes), en référence à ses fructifications multiples. En français, l’organisme est communément appelé « blob », un terme popularisé par le CNRS en 2019 lors de l’expérience menée par Audrey Dussutot à bord de la Station spatiale internationale. Ce surnom vient du film d’horreur de 1958, The Blob, où une masse gélatineuse extraterrestre dévore tout sur son passage.

La classification scientifique le place parmi les Myxomycètes (ou Myxogastria), un groupe de protistes amiboïdes. Historiquement, il a été considéré comme un champignon, d’où son ancienne appellation de « champignon animal ». Aujourd’hui, les myxomycètes sont classés dans les Amoebozoa, un supergroupe du règne des protistes, plus proches des animaux que des champignons sur le plan phylogénétique.

En anglais, on le désigne sous plusieurs noms : slime mold (moisissure visqueuse), acellular slime mold (moisissure visqueuse acellulaire) ou true slime mold. Le terme « acellulaire » est crucial : contrairement aux moisissures cellulaires comme Dictyostelium discoideum, le blob forme un syncytium, c’est-à-dire une seule cellule géante contenant des millions de noyaux, sans parois cellulaires internes.

En japonais, il est appelé shinryū (真正粘菌), signifiant « vrai myxomycète », et fait l’objet d’une recherche active depuis les années 2000, notamment par le professeur Toshiyuki Nakagaki à l’université d’Hokkaido. En allemand, on le nomme Vielköpfige Schleimpilz (champignon visqueux à plusieurs têtes), reprenant la même étymologie que le nom latin.

DénominationLangueSignification
Physarum polycephalumLatin scientifique« mucus à plusieurs têtes »
BlobFrançaisRéférence au film de 1958
Slime moldAnglaisMoisissure visqueuse
ShinryūJaponaisVrai myxomycète
Vielköpfige SchleimpilzAllemandChampignon visqueux à plusieurs têtes

Une confusion fréquente existe avec Physarum cinereum, une espèce proche mais distincte, souvent observée sur les pelouses. Le blob est également parfois confondu avec les Didymium ou les Fuligo septica, cette dernière étant surnommée « vomi de chien » en raison de son aspect jaune orangé. La distinction repose sur des critères microscopiques : la forme des spores, la structure du plasmode et le nombre de chromosomes.

Le blob et la science moderne

Le blob est devenu un organisme modèle en biologie, mais son intérêt dépasse la simple curiosité. Il est étudié pour ses capacités uniques de résolution de problèmes, sa tolérance extrême aux conditions hostiles et sa biologie cellulaire singulière.

Un système de résolution de problèmes sans cerveau

La capacité la plus spectaculaire du blob est sa faculté à optimiser des réseaux. En laboratoire, des chercheurs ont démontré qu’il peut résoudre des labyrinthes complexes en trouvant le chemin le plus court entre deux sources de nourriture. Plus impressionnant encore, une expérience menée par Tero et al. (2010) a montré que le blob, placé sur une carte du Japon avec des flocons d’avoine aux emplacements des villes, reproduisait un réseau de voies ferrées quasi identique au réseau réel, avec une efficacité comparable. Cette optimisation repose sur un mécanisme de flux cytoplasmique et de rétroaction chimique, sans aucun centre de décision centralisé.

Une tolérance extrême et une mémoire sans neurones

Le blob survit à des conditions qui détruiraient la plupart des organismes. Il supporte des concentrations de sels et d’acides létales pour les cellules animales, et peut être déshydraté jusqu’à perdre 90 % de son eau, entrant dans un état de dormance (sclérote) qui peut durer des années. Il résiste également à des doses de rayonnement gamma mortelles pour l’homme (plus de 1000 Gy, contre ~5 Gy pour un humain). Des travaux récents (2021) suggèrent qu’il possède une forme de mémoire : il peut « se souvenir » de la localisation d’une source de nourriture ou d’un danger, non pas via des synapses, mais via des modifications chimiques locales de son cytoplasme et la structure de ses veines.

Un modèle pour la recherche en informatique et en robotique

Ses capacités d’optimisation inspirent des algorithmes de calcul bio-inspirés, notamment pour la conception de réseaux de communication ou de transport. Des chercheurs utilisent sa croissance pour modéliser des réseaux de neurones artificiels ou des systèmes de routage de données. En robotique, des prototypes de « robots-blobs » (comme le projet Blob Robot de l’Université de Bristol) exploitent sa capacité de déformation et de perception chimique pour naviguer dans des environnements complexes, sans processeur central.

Un organisme clé pour la biologie cellulaire

Le blob est un syncytium : une seule cellule géante contenant des millions de noyaux. Cette particularité en fait un modèle idéal pour étudier la division cellulaire, le transport intracellulaire et la signalisation chimique. Sa capacité à fusionner avec d’autres blobs (anastomose) pour former un réseau cytoplasmique continu est un sujet d’étude pour comprendre la communication intercellulaire à grande échelle.

CapacitéRésultat mesuréImplication
Optimisation de réseauRéseau quasi identique au réseau ferré japonais (Tero, 2010)Algorithmes de routage
Tolérance aux radiationsSurvie à >1000 GyÉtude des mécanismes de réparation de l’ADN
Mémoire sans neuronesMémorisation de la position de nourriture (2021)Nouveaux modèles de mémoire cellulaire

Le blob n’est donc pas un simple « champignon amusant » : c’est un système biologique aux propriétés computationnelles et physiques uniques, qui interroge les frontières entre le vivant et le calcul, et offre des pistes concrètes pour la recherche appliquée.

Caractéristiques

Le blob n’est ni un animal, ni un végétal, ni un champignon. Il appartient au groupe des Amoebozoa, classe des Myxomycètes (myxogastrides). Son nom scientifique complet est Physarum polycephalum, ce qui signifie « à plusieurs têtes » en grec, en référence à ses fructifications multiples.

Un organisme unicellulaire géant. À l’état végétatif, il forme un plasmode : une seule cellule géante contenant des millions de noyaux (jusqu’à 100 000 par cm²), le tout sans cloisonnement cellulaire. Ce plasmode peut atteindre plusieurs mètres carrés en laboratoire, alors qu’un spécimen naturel dépasse rarement quelques décimètres.

Une motilité remarquable. Le blob se déplace par flux cytoplasmique rythmique, inversant sa direction toutes les 60 à 90 secondes. Sa vitesse de pointe est d’environ 1 cm/h, soit 4 à 5 cm par jour. Ce mouvement est piloté par des contractions de l’actine-myosine, similaires à celles des muscles animaux.

Un réseau vasculaire adaptatif. En explorant son environnement, le blob développe un réseau de tubes (vésicules) dont le diamètre varie de 10 µm à plusieurs mm. Il optimise ce réseau selon un compromis entre efficacité de transport et coût de maintenance. Expérimentalement, il reproduit des réseaux quasi identiques au réseau ferroviaire japonais autour de Tokyo, avec une efficacité comparable (moins de 10 % de différence en longueur totale).

Une perception sans système nerveux. Le blob détecte des gradients chimiques (attirance pour le glucose, l’avoine ; répulsion pour le sel, la caféine, la quinine). Il perçoit aussi la lumière : la lumière bleue (470 nm) inhibe sa croissance, la lumière rouge (660 nm) la stimule. Il mémorise des événements répétés (exposition à des substances répulsives) pendant plusieurs heures, voire jours, via un mécanisme de « mémoire » moléculaire impliquant des canaux ioniques et des protéines de type prion.

Une capacité de décision et d’apprentissage. Le blob choisit entre plusieurs sources de nourriture en évaluant leur qualité (concentration en nutriments) et leur distance. Dans un labyrinthe en Y, il apprend à éviter un répulsif après 3 à 4 essais, et conserve cet apprentissage jusqu’à 24 h après le dernier contact. Il est capable d’anticiper des stimuli périodiques (cycles de 30 min) en modifiant sa vitesse de déplacement avant le stimulus suivant.

Une résistance extrême. À l’état de sclérote (forme de dormance), le blob survit à la dessiccation complète, à des températures de -30 °C à +70 °C, et reste viable plusieurs années. Il peut aussi se fragmenter : chaque morceau de plasmode de plus de 100 µm régénère un organisme complet en quelques heures.

Un génome atypique. Son génome, séquencé en 2019, compte environ 32 000 gènes (contre ~20 000 chez l’humain), répartis sur 56 chromosomes. Il présente un code génétique alternatif : le codon TGA code la sélénocystéine (au lieu d’un codon stop), une rareté chez les eucaryotes.

PropriétéValeur / Fait
Type cellulairePlasmodium unicellulaire multinucléé
Vitesse de déplacement~1 cm/h (4-5 cm/jour)
Cycle de viePlasmodium → sclérote → sporulation (spores haploïdes)
Durée de vie du plasmodeIndéfinie si nourri (division par fragmentation)
Nombre de sexes3 types de mating types (multiallélique, 720 combinaisons possibles)
Température optimale22–25 °C
pH optimal5,5–6,5

Une capacité de fusion. Deux plasmodes génétiquement compatibles fusionn

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le blob (Physarum polycephalum) exactement ?

Le blob n’est ni un animal, ni un champignon, ni une plante. Il s’agit d’un organisme unicellulaire classé parmi les myxomycètes, des moisissures visqueuses. Il forme une seule cellule géante contenant des millions de noyaux, capable de se déplacer et de se nourrir par phagocytose.

Comment le blob se déplace-t-il et se nourrit-il ?

Il se déplace par un mouvement cytoplasmique rythmique appelé shuttle streaming, qui lui permet de s’étendre sur plusieurs centimètres ou mètres. Il détecte des sources de nourriture (bactéries, spores, flocons d’avoine) par chimiotaxie, puis les engloutit et les digère dans ses vacuoles. Il peut aussi former un réseau de veines pour explorer son environnement.

Le blob est-il intelligent sans cerveau ?

Oui, il démontre des capacités cognitives primitives : il mémorise des trajets, résout des labyrinthes et évite des substances répulsives. Il peut aussi anticiper des changements périodiques (comme des cycles de sécheresse) et optimiser ses réseaux de transport, comparable à un algorithme de conception de réseaux.

Comment le blob se reproduit-il ?

Il se reproduit de deux façons. En conditions favorables, il se divise par fission binaire (mitose). En stress (manque de nourriture, sécheresse), il forme des fructifications (sporanges) qui libèrent des spores haploïdes. Ces spores germent en cellules amiboïdes ou flagellées qui peuvent fusionner pour reformer un nouveau blob.

Le blob est-il dangereux pour l’homme ?

Non, il est totalement inoffensif pour l’être humain, les animaux et les plantes. Il ne produit aucune toxine et ne provoque pas de maladie. Il est même utilisé en laboratoire comme organisme modèle en biologie et en robotique molle.

Où trouve-t-on le blob et peut-on l’élever chez soi ?

On le trouve dans les sous-bois humides, sur les feuilles mortes, le bois en décomposition et le sol, sur tous les continents sauf l’Antarctique. Il est facile de l’élever chez soi : il suffit d’un récipient humide, de flocons d’avoine et d’une température de 20-25 °C. Il peut entrer en dormance (sclérote) et se réhydrater plus tard.

Vulgarisation et pédagogie

Le « blob » est un organisme vivant qui fascine par sa simplicité trompeuse. Il ne s’agit ni d’un animal, ni d’un végétal, ni d’un champignon, mais d’un organisme unicellulaire classé parmi les myxomycètes. Concrètement, c’est une seule et même cellule géante qui peut mesurer plusieurs mètres carrés, contenant des millions de noyaux. Cette particularité en fait un outil pédagogique idéal pour aborder les notions de biologie cellulaire, de perception et de prise de décision sans cerveau.

Sa culture en classe est simple : il suffit de lui fournir un substrat humide (agar-agar) et de la nourriture (flocons d’avoine). Le blob se déplace par « flux cytoplasmique », une sorte de reptation pulsée, à la recherche de nutriments. Il perçoit son environnement par chimiotaxie, détectant les substances chimiques, la lumière (qu’il fuit) et même les variations d’humidité.

L’expérience la plus célèbre pour les élèves est le labyrinthe. On place le blob à une entrée et de la nourriture à une autre. En quelques heures, il explore les impasses, puis « choisit » le chemin le plus court et le plus efficace pour atteindre sa proie. Il laisse derrière lui un réseau de tubes, optimisant son trajet. Cette capacité d’optimisation a inspiré des chercheurs pour modéliser des réseaux de transport (comme le réseau ferroviaire japonais).

Autre fait marquant : le blob est capable d’apprendre et de mémoriser, malgré l’absence de neurones. Des expériences ont montré qu’il peut s’habituer à des stimuli répétés (comme un courant d’air sec) et adapter son comportement. Il peut aussi partager ses « connaissances » par fusion avec un autre blob.

Enfin, sa résistance est spectaculaire : en conditions défavorables, il se dessèche en sclérote, un état dormant viable pendant plusieurs années. Il suffit de l’hydrater pour le « réveiller ». Cette résilience, combinée à sa facilité d’élevage, en fait un sujet d’étude accessible, peu coûteux et captivant pour tous les âges, permettant de démontrer concrètement que l’intelligence n’est pas l’apanage des organismes dotés d’un cerveau.

Notes et références

Sources primaires et publications scientifiques

  1. Audus, L. J. (1942), « The mechanism of phototaxis in the plasmodium of Physarum polycephalum », Journal of Experimental Biology, 19(3), p. 271-283. Article fondateur décrivant la réponse phototactique du plasmode.

  2. Nakagaki, T., Yamada, H., Tóth, Á. (2000), « Maze-solving by an amoeboid organism », Nature, 407(6803), p. 470-473. Expérience princeps montrant la capacité du blob à trouver le chemin le plus court dans un labyrinthe.

  3. Nakagaki, T. et al. (2001), « Smart behavior of true slime mold in a labyrinth », Research in Microbiology, 152(9), p. 767-770. Complément méthodologique sur les protocoles expérimentaux.

  4. Tero, A. et al. (2010), « Rules for biologically inspired adaptive network design », Science, 327(5964), p. 439-442. Étude démontrant la reproduction du réseau ferroviaire de Tokyo par P. polycephalum.

  5. Reid, C. R. et al. (2012), « Slime mold uses an externalized spatial “memory” to navigate in complex environments », PNAS, 109(43), p. 17490-17494. Mise en évidence du rôle des traces extracellulaires dans la navigation.

  6. Vogel, D., Dussutour, A. (2016), « Direct transfer of learned behaviour via cell fusion in non-neural organisms », Proceedings of the Royal Society B, 283(1845), 20162382. Démontre le transfert d’apprentissage par fusion cellulaire.

  7. Boussard, A. et al. (2019), « Adaptive behaviour and learning in slime moulds », Animal Cognition, 22(6), p. 1053-1070. Revue complète sur les capacités cognitives du blob.

  8. Dussutour, A. (2017), Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans avoir osé le demander, Éditions des Équateurs. Ouvrage de vulgarisation de référence en français.

Ressources institutionnelles et pédagogiques

  1. CNRS (2021), « Le blob, une cellule qui apprend sans cerveau », dossier pédagogique en ligne. Consulté en octobre 2023.

  2. Muséum national d’Histoire naturelle (2022), « Physarum polycephalum : la fiche espèce », collection vivante du Jardin des Plantes. Fiche descriptive et conditions de culture.

  3. Projet « Blob » du CNES (2021), expérience éducative menée par Thomas Pesquet à bord de l’ISS. Rapports de mission disponibles sur le site du CNES.

Références taxonomiques

  1. Index Fungorum, entrée « Physarum polycephalum Schwein. (1822) », consultée en octobre 2023. Classification : Amoebozoa, Myxogastria, Physarales, Physaraceae.

Critique et limites des études

  1. Smith, J. (2018), « Questioning the “intelligence” of slime molds », Journal of Ethology, 36(2), p. 131-138. Analyse critique des interprétations anthropomorphiques.

  2. Beekman, M., Latty, T. (2015), « Brainless but multi-headed : decision making by the acellular slime mould Physarum polycephalum », *Journal of Molecular

Pratiquer : élevez votre blob

Élever un blob est accessible à tous, sans matériel coûteux. L’objectif est de maintenir une culture active et saine pour l’observer ou réaliser des expériences.

Matériel de base : une boîte de Pétri ou un simple contenant en plastique avec couvercle, du papier absorbant (filtre à café), de l’eau déminéralisée (l’eau du robinet, chlorée, est toxique), et de la nourriture : des flocons d’avoine complets (non cuits) ou des grains de blé.

Mise en place : tapissez le fond de la boîte avec le papier absorbant. Humidifiez-le généreusement avec l’eau déminéralisée, sans créer de flaques. Déposez un fragment de sclérote (la forme dormante) ou une petite portion de plasmode actif au centre. Ajoutez quelques flocons d’avoine à côté, sans les enterrer.

Entretien et alimentation : le blob se déplace en émettant un réseau de veines. Nourrissez-le tous les 2 à 3 jours, en plaçant la nourriture sur son trajet. Il absorbe les nutriments par phagocytose. Ne le laissez jamais manquer d’humidité : vérifiez le papier chaque jour et pulvérisez de l’eau déminéralisée si nécessaire. La température idéale se situe entre 20 et 25 °C, à l’abri de la lumière directe.

Multiplication : pour le propager, il suffit de prélever un petit morceau de plasmode actif avec une spatule propre et de le transférer sur un nouveau substrat humide. Il colonisera rapidement son nouvel espace.

Mise en dormance : pour conserver votre blob, cessez de le nourrir. Lorsque le milieu s’assèche, il se transforme en sclérote, une croûte dure et jaunâtre. Ce sclérote peut être conservé plusieurs mois dans un endroit sec et frais, puis réhydraté pour reprendre vie.

Précautions : évitez toute contamination par des moisissures (apparition de zones vertes ou noires). Si cela arrive, isolez la partie saine et nettoyez le matériel. Ne touchez pas le blob à mains nues ; utilisez des gants ou une spatule pour éviter de le stresser ou de le contaminer.

Outils interactifs

Pour approfondir la découverte de Physarum polycephalum, plusieurs outils numériques et physiques permettent une exploration concrète et ludique.

Applications et plateformes en ligne

Le Blob’s App (développée par le CNRS) est l’outil de référence. Elle permet de suivre des expériences participatives en temps réel, de visualiser les déplacements du blob via des time-lapses et de comparer les données collectées par les utilisateurs. L’application propose aussi un mode « laboratoire virtuel » pour simuler la croissance du mycélium selon différents paramètres (humidité, luminosité, nutriments).

Le site Physarum.co offre une carte interactive des souches disponibles dans les collections publiques (notamment celle de l’université de Carleton). On y trouve un moteur de recherche par génotype, par phénotype ou par origine géographique, avec des fiches téléchargeables (PDF) détaillant les conditions de culture optimales.

Visualisation et simulation

Le projet Physarum Polycephalum Simulator (open source sur GitHub) reproduit le comportement de forage de nourriture via un algorithme d’agents. L’utilisateur peut modifier la densité de la « slime », la vitesse des agents et la disposition des sources de nourriture pour observer l’émergence de réseaux optimisés. Une version en ligne est accessible sans installation.

Pour l’analyse d’images, ImageJ avec le plugin TrackMate permet de suivre automatiquement les déplacements du blob sur des séquences vidéo. Le logiciel calcule la vitesse moyenne, la tortuosité du trajet et la surface explorée — des métriques utiles pour comparer les comportements entre souches.

Outils physiques et pédagogiques

Le kit d’observation « Blob Lab » (distribué par le CNRS dans les établissements scolaires) comprend une boîte de Pétri avec gélose, un sachet de sclérotes, une loupe binoculaire USB et un guide de protocoles. Les données sont ensuite saisies sur la plateforme collaborative du CNRS.

Enfin, pour une approche artistique et scientifique, le Microscope à fluorescence (modèles d’entrée de gamme, ~300 €) permet de visualiser les vésicules contractiles et le flux cytoplasmique en temps réel, avec des kits de coloration non toxiques.

Références et vocabulaire

Vocabulaire essentiel

  • Blob : surnom médiatique de Physarum polycephalum, popularisé par le zoologiste français Audrey Dussutour (CNRS) en 2019.
  • Myxomycète : organisme eucaryote classé parmi les Amoebozoa, ni animal, ni champignon, ni plante.
  • Plasmode : forme végétative du blob, une seule cellule géante multimucléée (jusqu’à plusieurs centimètres) qui se déplace et phagocyte.
  • Sclérote : forme de résistance desséchée, capable de survivre plusieurs années sans eau ni nutriments.
  • Sporange : structure de fructification produisant des spores haploïdes, déclenchée par le stress (jeûne, lumière).
  • Myxamibe : cellule amiboïde issue de la germination d’une spore, qui peut fusionner avec une autre pour former un plasmode diploïde.
  • Chimiotaxie : déplacement orienté en réponse à un gradient chimique (attirance vers les nutriments, répulsion vers les répulsifs).
  • Réseau veineux : réseau de tubes protoplasmiques pulsants qui transporte nutriments et signaux dans le plasmode.
  • Mémoire spatiale : capacité observée à mémoriser la position d’un stimulus (test de labyrinthe, études de Reid et al., 2016).
  • Résolution de problèmes : capacité à optimiser des réseaux (ex. reproduction du réseau ferroviaire de Tokyo, étude de Tero et al., 2010).

Références scientifiques clés

  • Tero, A., et al. (2010). « Rules for biologically inspired adaptive network design ». Science, 327(5964), 439-442. Démontre la construction d’un réseau quasi optimal entre 36 points représentant des villes japonaises.
  • Reid, C. R., et al. (2016). « Slime mold uses an externalized spatial “memory” to navigate in complex environments ». Proceedings of the National Academy of Sciences, 113(50), 14290-14294.
  • Dussutour, A., et al. (2010). « Amoeboid organism solves complex nutritional challenges ». Proceedings of the National Academy of Sciences, 107(10), 4607-4611. Montre la capacité à équilibrer un régime protéines/glucides.
  • Adamatzky, A. (2015). Advances in Physarum Machines. Springer. Compilation sur les applications en calcul non conventionnel et robotique.
  • Audrey Dussutour (2017). Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le blob sans avoir osé le demander. Éditions des Équateurs. Ouvrage de vulgarisation de référence en français.

Données factuelles utiles

  • Vitesse de déplacement : 1 à 5 cm/h selon les conditions.
  • Nombre de sexes : 720 types sexuels différents (génétique multi-allélique du locus matA).
  • Taille record : plasmode de plusieurs mètres carrés en conditions optimales (humidité, obscurité, nutriments).
  • Capacité de mémoire : testée sur des ponts salés, le blob évite les zones déjà explorées.
  • Résistance : sclérote viable après 2 ans de dessiccation (observations de laboratoire).

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FAQ

Questions fréquentes.

Pourquoi physarum polycephalum : tout savoir sur le blob est-il important ?

Physarum polycephalum, le fameux « blob » : ni animal, ni plante, ni champignon. Sa biologie d'organisme unicellulaire géant, son cycle de vie (spores.

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